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Facebook va-t-il casser la CEMAC ?


Olivier Ona - 16 juin 2020 - 0 Commentaire

Cette analyse en me rappelant au souvenir de l’annonce de l’état gabonais qui souhaitait infliger une taxe de 4% sur les transactions de mobile money au Gabon et ce sans l’aval de la COBAC avant de se raviser quelques semaines plus tard.

Il faut dire que le marché est énorme, sans cesse en croissance lorsque l’on se rappel des chiffres de 2018 et des plus de 2000 milliards de Francs CFA de transactions en zone CEMAC. Vous comprenez alors l’intérêt de certains gouvernants face à ces chiffres fous qui ont atteint les +3000 milliards de Francs CFA en 2019 !!!

Campagne onaparle.tech #StopCovid19

Mais alors quel est le lien entre Facebook et la CEMAC ?

L’annonce faite par Mark Zuckerberg lui-même hier en milieu de journée nous en dit long sur l’intérêt croissant du géant des réseaux sociaux pour les marchés financiers mondiaux.

Rappelez-vous fin Juin 2019, Facebook annonçait toujours par le biais de son PDG, l’arrivée de Libra sa monnaie virtuelle. Etant à la fois une monnaie virtuelle, une infrastructure et réseau il faut dire que Libra était assez floue pour l’ensemble des financiers mais dont le but était de permettre à tout le monde de tout faire via l’ensemble de ses tentacules (Facebook, Messenger, WhatsApp, Instagram…).

En vrai le lien est tout ce qu’il y a de plus normal c’est-à-dire notre taux de bancarisation ! Libra a été pensé pour les populations non bancarisées afin de permettre à ces dernières de convertir de l’argent réel en Libras, de le déposer virtuellement, de l’envoyer aux autres ou même de payer des services dans un environnement Facebook (ou pas ?).

L’intérêt de Facebook pour les pays aux ingrédients économiques similaires aux nôtres est totalement compréhensif. En moins de dix ans, le taux de pénétration du mobile money est passé de 2,4% à 13,7% de la population adulte en zone CEMAC lorsque l’on connait la faible couverture géographique des institutions bancaires dans nos pays qui est de 2,1 agences et guichets de banques et environ 3 distributeurs automatiques de billets pour 100 000 habitants comparativement à la moyenne dans les pays en développement qui se situe à 19,6 guichets automatiques pour 100 000 habitants… dixit la BEAC.

Il y a en plus un pourcentage qui montrerait l’intérêt sinon le succès probable des paiements depuis l’écosystème Facebook : 14,6% !

Soit 14,6% qui n’est autre que le taux de bancarisation en zone CEMAC comparativement au 34,2% en Afrique subsaharienne soit l’un des plus faibles sur le continent.

Si dans cet article, je ne cherche pas à trouver les raisons de ces faibles taux je vais au contraire essayer de démontrer comment cela pourrait être profitable pour Facebook. Profitable pour Facebook oui mais après de longues discussions avec le régulateur…

Olivier ONA

Mais revenons un peu à la philosophie autour de Libra avant tout…

Après moult recherches il s’avère que cet intérêt pour la finance mondiale est bâti sur deux stratégies :

  • Diversification au-delà de la publicité (Facebook Ads) ;
  • Limitation maximale des mesures restrictives que les réseaux sociaux subiront en novembre 2020 date de la prochaine élection présidentielle américaine suite aux différents scandales ;

Au final, on se rend compte que cette volonté de changement s’explique aussi par la concurrence rude et féroce de la Chine ! En effet, avec Alibaba et Tencent qui ont très tôt compris que les services de paiements et la communication vont de pair ont pris une longueur d’avance sur leur marché domestique qui commence d’ailleurs à être étroit au point ou ils n’hésiteront pas à chasser hors de leur terre d’origine. En plus, les personnes non bancarisées ne le resteront pas indéfiniment et la Chine qui a une longueur d’avance sur la question proposera rapidement une offre globale à destination de ces derniers.

La Chine ne s’en cache pas et l’a ouvertement décrit via sa stratégie mondiale axée autour d’un concept ancien remis au goût du jour à savoir Les nouvelles routes de la soie (j’y reviendrai bientôt avec un article sur la guerre froide technologique).

Avec Libra, nous devons tout simplement comprendre que le business model de Facebook est sur le point de changer un peu à l’image des opérateurs de téléphonie mobile dont le service de mobile money est devenu une banque à part entière en réduisant l’écart conceptuel entre mobile money et mobile banking (Orange Banque qui est une fusion entre Groupama Banque et orange).

De Facebook Pay aux transactions sur WhatsApp

Avec l’annonce de ce lundi 15 Juin 2020 autour du lancement des paiements via l’application WhatsApp dans le marché brésilien tout prend son sens : Facebook dévoile sa nouvelle direction et son immersion dans la finance internationale !

Lancé en novembre 2019 aux USA, Facebook Pay est le Wallet ou encore portefeuille numérique de Facebook qui permettra aux 1,5Milliards d’utilisateurs mensuels WhatsApp de payer des entreprises et des contacts depuis l’application.

Partenaires de Libra

Pour ce qui est des paiements, les utilisateurs du Brésil devront avoir des cartes VISA ou Mastercard émises par les banques et ensuite via un code à six chiffres qu’ils pourront authentifier par l’intermédiaire de l’identification digitale. Les paiements en question seront réalisés par le biais de Facebook Pay et traités par des entreprises partenaires comme c’est le cas de CIELO au Brésil (et PayPal aux USA).

De façon pratique, les paiements via WhatsApp sont gratuits et les entreprises paieront une commission similaire à celle des transactions par cartes de crédit.

Comme vous le savez depuis hier, les paiements sont disponibles au Brésil et sur WhatsApp uniquement mais cela ne saurait tarder car de façon progressive Facebook Pay fournira cette option à ses autres applications et surtout disponible dans d’autres pays.

Pourquoi Facebook va casser la CEMAC ?

Il était nécessaire pour moi de bien vous expliquer la stratégie de Facebook et surtout de vous faire comprendre toute sa logique expansionniste afin d’arriver vers ce qui vous a poussé à cliquer sur ce lien : la CEMAC !

Je vous donne rendez-vous le vendredi 19 Juin 2020 pour la suite de cette analyse…

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